Selon l’Organisation Mondial de la Santé (OMS), dans certains pays d’Asie et d’Afrique, 80% de la population a recours à la médecine et à la pharmacopée traditionnelles pour résoudre leurs problèmes de santé. Pour elle, la Médecine traditionnelle prend en compte les différentes dimensions (physique, sociale, culturelle, spirituelle, économique) de l’Homme et est plus proche des réalités des malades.
La stratégie des soins de santé primaires, clairement soulignée dans la déclaration d’Alma-Ata en 1978, traduit de l’importance de la Médecine Traditionnelle et de sa pratique. L’image et le rôle de cette médecine ont été consolidés en Afrique lors de la réunion des Chefs d’Etats du continent à Abuja (Nigéria) en Avril 2001. A cette occasion, ces Chefs d’Etats ont déclaré que la recherche en Médecine Traditionnelle devrait constituer une priorité. Ils ont également institué en Juillet 2001 à Lusaka, les périodes 2001-2010 et 2011-2020 respectivement comme la 1ère et 2ème « Décennie de la Médecine Traditionnelle Africaine ».
En 1995, l’Etat ivoirien dans son Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) a intégré la Médecine Traditionnelle au niveau de ses priorités comme une alternative aux besoins en santé de la population pour améliorer la couverture sanitaire. Et, par acte présidentiel (Lettre N° 3967du 27 Août 1997 relative à la Médecine Traditionnelle), le Gouvernement ivoirien a autorisé une collaboration entre la médecine conventionnelle et la Médecine Traditionnelle. Cela tient au fait qu’il s’agit d’une médecine faisant partie intégrante de son patrimoine socioculturel, de proximité, accessible par son coût et ses modalités de paiement et pouvant permettre aux populations à faible niveau de revenus, d’accéder aux soins de santé.
Pour ce faire, la Côte d’Ivoire a créé par arrêté du Ministère de la Santé Publique sous le N°409 MSP / CAB du 28 décembre 2001, le Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle (PNPMT) pour favoriser une meilleure participation de cette médecine et de ses acteurs à la fourniture des soins de santé primaires.
Ce site vient in fine à point nommé dans la mise en œuvre de la mission du PNPMT, eu égard d’une part, comme canal d’information pour les prestataires de la santé et la population en général et d’autre part, promouvoir l’exercice de la médecine traditionnelle en Côte d’Ivoire.
Ainsi, vous trouverez sur ce site, la documentation sur les bonnes pratiques de la médecine traditionnelle en Côte d’Ivoire, ses acteurs et les activités de promotion menées.
Nous espérons qu’il répondra à vos attentes et restons ouverts à vos suggestions et critiques pouvant améliorer notre action commune.
C’est quoi le PNPMT
Le Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle (PNPMT) est une structure technique du Ministère en charge de la Santé, crée par arrêté n°409 du 28 décembre 2001, opérationnelle depuis 2007.
La mission du PNPMT vise à contribuer à l’amélioration de la couverture des besoins sanitaires de la population par une utilisation effective et efficiente de la Médecine et de la Pharmacopée traditionnelle.
La médecine traditionnelle intégrée dans le système national de soins de santé, se veut une ressource alternative, réglementée, respectant les normes d’assurance de la qualité, disponible et abordable. Elle doit contribuer à la promotion de la santé et de la médecine de proximité, à la prévention et au renforcement de la production locale de médicaments.
Selon la loi n° 2015-536 du 20 juillet 2015 relative à l’exercice et à l’organisation de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles en son Article 1, l’on entend par Médecine traditionnelle, « l’ensemble de toutes les connaissances et pratiques, matérielles ou immatérielles, explicables ou non, utilisées pour diagnostiquer, prévenir ou éliminer un déséquilibre physique, mental, psychique et social, en s’appuyant exclusivement sur des connaissances transmises de génération en génération, oralement ou par écrit, et sur des expériences vécues ».
Organisation de la coordination
Selon l’arrêté n° ……… MSHP/CAB du ………. modifiant l’arrêté n° 158 MSHP/CAB du 21 juin 2007 portant création, organisation et fonctionnement du Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle, l’administration, l’animation, l’appui scientifique, le suivi du programme sont assurés par un Directeur Coordonnateur secondé par un Directeur Coordonnateur adjoint et d’un Groupe Scientifique d’Appui. Ils sont aidés dans leurs tâches par quatre (04) Chargés d’Etudes qui ont en charges les services suivants:
Le Directeur Coordonnateur du PNPMT est responsable de l’animation et de l’atteinte des objectifs du programme. A ce titre, il est chargé de :
Il a pour tâche de :
Il a pour tâche de :
Il a pour tâche de :
Il a pour tâche de :
Historique du PNPMT
En Côte d’Ivoire, la médecine traditionnelle assurait la majeure partie de la couverture sanitaire des populations pendant la période précoloniale en l’absence de la médecine conventionnelle. Les praticiens de médecine traditionnelle alors appelés guérisseurs arrivaient à prendre en charge les maladies par des moyens considérés maintenant comme archaïques et des connaissances empiriques.
Pendant la colonisation, la médecine traditionnelle a été proscrite au profit de la médecine occidentale dite conventionnelle.
A l’indépendance, des mesures ont été prises pour revaloriser la médecine traditionnelle
En effet, en 1970, un programme de valorisation des substances naturelles a été initié par l’Université d’Abidjan avec :
A partir de 1974, des chercheurs de l’Université d’Abidjan et des structures de santé, encouragés par le Conseil Afrique et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA aujourd’hui Union Africaine) vont s’investir dans la recherche sur les plantes médicales.
A partir de 1986, plusieurs associations de médecine traditionnelle ont été créées :
En 1995, la volonté gouvernementale s’est traduite par l’intégration de la médecine et la pharmacopée traditionnelles dans le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS), la mettant au rang des priorités du Ministère de la Santé Publique. Une sous-direction de la médecine traditionnelle attachée à la Direction des Etablissements et des Professions Sanitaires (DEPS) a alors été créée.
En 1996, un atelier de consensus a été tenu à Aboisso sur la politique d’intégration de la médecine et la pharmacopée traditionnelles dans le système sanitaire ivoirien. Il a abouti à l’élaboration d’un document de base sur l’organisation et la législation de la pratique de la médecine et la pharmacopée traditionnelles en Côte d’Ivoire. Il s’agit des projets de loi portant sur :
En 1997, le gouvernement ivoirien par acte présidentiel (lettre numéro 409 du 27 août 1997 relative à la médecine traditionnelle) a autorisé la collaboration entre médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle.
En novembre 1999, les trois (3) projets de lois élaborés en 1996 au cours de l’atelier de consensus d’Aboisso ont été approuvés en Conseil des ministres. Ces projets de loi n’ont pu être présentés à l’Assemblée Nationale du fait du coup d’Etat de 1999.
En 2001, à la faveur de l’érection de la sous-direction de la médecine traditionnelle de la DEPS en Programme de Santé, un arrêté a été pris par le Ministère de la Santé Publique sous le numéro 409 MSHP/CAB du 28 décembre 2001 portant création, organisation et fonctionnement du Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle. Cet Arrêté a été modifié par l’Arrêté n°253 MSHP/CAB du 10 septembre 2007.
En novembre 1999, les trois (3) projets de lois élaborés en 1996 au cours de l’atelier de consensus d’Aboisso ont été approuvés en Conseil des ministres. Ces projets de loi n’ont pu être présentés à l’Assemblée Nationale du fait du coup d’Etat de 1999.
En juillet 2015, l’Assemblée Nationale a adopté la Loi n° 2015-536 du 20 juillet 2015 relative à l’exercice et à l’organisation de la médecine et la pharmacopée traditionnelles qui reconnait officiellement la pratique de la médecine traditionnelle en Côte d’Ivoire.
Au cours du Conseil des ministres du 27 janvier 2016, le Président de la République a pris le Décret n°2016-24 du 27 janvier 2016 portant Code d’Ethique et de Déontologie des praticiens de médecine et de pharmacopée traditionnelle.
Une structure multi-domaine
Les praticiens de médecines traditionnelles sont classés par arrêté du Ministre chargé de la Santé en six (06) catégories
Toute personne reconnue comme compétente pour prodiguer à une femme et à son nouveau-né, pendant et après l’accouchement des soins de santé basées sur les concepts prévalant dans la société où elle vit.
Toute personne qui sur la base des connaissances, n’utilise que des substances naturelles comme moyen thérapeutique
Toute personne qui, sur la base des connaissances acquises au sein de la famille, par révélation ou auprès d’un autre phytothérapeute, utilise les vertus des plantes médicinales pour traiter les malades.
Toute personne qui, sur la base des connaissances acquises en médecine et en pharmacopée traditionnelles, conditionne et vend des matières premières animales et /ou minérales à des fins thérapeutiques
Toute personne qui, sur la base des connaissances acquises en médecine et en pharmacopée traditionnelles, conditionne et vend des matières premières végétales à des fins thérapeutiques
Toute personne qui soigne les troubles mentaux et établit l’équilibre spirituel à partir des plantes médicinales et de pouvoirs surnaturels ou magiques


